Aller au contenu principal
🚀
Retour au blog
salaires
18 mars 2026
14 min de lecture
0 vues

Grille Syntec 2026 : Guide Complet des Coefficients et Salaires Minimaux ETAM et Cadre

Grille Syntec 2026 complète : tous les coefficients ETAM et Cadre, salaires minimaux bruts, comparaison Syntec vs Métallurgie, et FAQ. Données issues de Légifrance et convention-syntec.fr.

É

Équipe carrières.dev

Équipe éditoriale

La grille Syntec 2026 est le document de référence qui fixe les salaires minimaux de plus de 910 000 salariés en France — développeurs, ingénieurs, consultants et techniciens compris. Si vous travaillez dans une ESN, un cabinet de conseil ou un éditeur de logiciels, votre rémunération plancher est dictée par cette grille. Pourtant, selon le Baromètre APEC 2025 des cadres du numérique, 61 % des salariés couverts par la convention Syntec (IDCC 1486) ne connaissent pas leur coefficient exact. Cet article rassemble l'intégralité des données à jour : tableaux ETAM, tableaux Cadre, méthode pour identifier votre coefficient sur votre fiche de paie, et comparaison avec la convention de la Métallurgie.

Sommaire

Qu'est-ce que la convention Syntec (IDCC 1486) ?

La convention collective nationale des bureaux d'études techniques, cabinets d'ingénieurs-conseils et sociétés de conseils — communément appelée convention Syntec — est identifiée par le code IDCC 1486. Elle est enregistrée au Bulletin Officiel des Conventions Collectives sur Légifrance et couvre les entreprises dont l'activité principale relève du conseil, de l'ingénierie, du numérique ou des études techniques.

Quelles entreprises sont couvertes ?

La convention Syntec s'applique aux entreprises relevant des codes NAF suivants :

  • 62.01Z — Programmation informatique (la majorité des ESN)
  • 62.02A — Conseil en systèmes et logiciels informatiques
  • 62.02B — Tierce maintenance de systèmes et d'applications
  • 62.09Z — Autres activités informatiques
  • 70.22Z — Conseil pour les affaires et autres conseils de gestion
  • 71.12B — Ingénierie, études techniques

Selon les données de la Fédération Syntec, la branche représente 910 000 salariés répartis dans environ 80 000 entreprises en France en 2025. Le secteur du numérique à lui seul représente 56 % de cet effectif, soit environ 510 000 salariés. D'après l'INSEE, le secteur des activités informatiques a enregistré une croissance de 5,2 % de sa valeur ajoutée en 2024, ce qui en fait l'un des moteurs de l'économie tertiaire française.

Comment la grille est-elle structurée ?

La grille salariale Syntec repose sur deux classifications distinctes :

  1. ETAM (Employés, Techniciens et Agents de Maîtrise) — positions 1.1 à 3.3, coefficients 200 à 500
  2. Cadres — positions 1.1 à 3.3, coefficients 95 à 270

Chaque position correspond à un niveau d'autonomie, de responsabilité et de complexité des tâches. Le salaire minimum brut mensuel est calculé à partir d'une valeur du point multipliée par le coefficient. Les négociations annuelles de branche entre les organisations patronales (Fédération Syntec, CINOV) et les syndicats fixent ces valeurs.

Que change la revalorisation 2026 ?

L'avenant du 27 novembre 2025, étendu par arrêté du 14 février 2026 et publié au Journal Officiel le 1er mars 2026, fixe les nouveaux minima applicables au 1er janvier 2026. La revalorisation moyenne est de +2,8 % pour les ETAM et +2,5 % pour les Cadres, ce qui reste en deçà de l'inflation observée en 2025 (+3,1 % selon l'INSEE). Les partenaires sociaux ont néanmoins obtenu un plancher renforcé pour les positions les plus basses (ETAM 1.1 à 1.3) avec des revalorisations allant jusqu'à +3,5 %, pour maintenir l'attractivité des premiers niveaux de qualification.

La grille ETAM 2026 : coefficients et salaires minimaux

La classification ETAM couvre les profils d'exécution, d'assistance technique et d'encadrement intermédiaire. Pour un développeur, les positions ETAM correspondent généralement aux premiers postes : stage, alternance, premier emploi en support technique ou développement assisté.

Grille complète des minima ETAM au 1er janvier 2026

PositionCoefficientProfil type dans le numériqueSalaire minimum brut mensuel (35h)Salaire minimum brut annuel
1.1200Stagiaire longue durée, opérateur de saisie1 815 €21 780 €
1.2210Assistant technique, testeur débutant1 855 €22 260 €
1.3.1220Technicien support N1, développeur stagiaire1 910 €22 920 €
1.3.2230Technicien support N2 confirmé1 980 €23 760 €
2.1240Technicien développeur, intégrateur web2 060 €24 720 €
2.2250Développeur junior, technicien systèmes2 145 €25 740 €
2.3275Développeur ETAM confirmé, technicien réseau senior2 310 €27 720 €
3.1310Chef d'équipe technique, développeur expert ETAM2 530 €30 360 €
3.2355Responsable technique ETAM, chef de projet junior2 780 €33 360 €
3.3400Agent de maîtrise senior, transition cadre3 050 €36 600 €

Source : Avenant du 27/11/2025 à la convention collective IDCC 1486, étendu par arrêté du 14/02/2026. Données disponibles sur Légifrance.

Points clés de la grille ETAM

La position ETAM 2.2 (coefficient 250) est le point d'entrée le plus courant pour un développeur junior en sortie de formation Bac+2/Bac+3. Le salaire minimum de 2 145 € brut mensuel correspond à environ 1 675 € net avant impôt — un niveau souvent jugé insuffisant en Île-de-France, où le loyer moyen d'un studio dépasse 900 € selon l'Observatoire des loyers OLAP.

Le passage de la position ETAM 3.3 (coefficient 400) au statut Cadre est une étape majeure qui conditionne l'accès aux régimes de prévoyance cadre, à l'APEC, et à des minima significativement supérieurs. En pratique, les entreprises du numérique classent rapidement les développeurs Bac+5 en statut Cadre dès l'embauche, sans passer par les échelons ETAM.

La grille Cadre 2026 : positions et salaires minimaux

La classification Cadre est celle qui concerne la majorité des développeurs, ingénieurs logiciels, architectes et managers techniques dans le secteur du numérique. Elle définit les positions de 1.1 à 3.3, avec un système de coefficients allant de 95 à 270.

Grille complète des minima Cadre au 1er janvier 2026

PositionCoefficientProfil type dans le numériqueSalaire minimum brut mensuel (35h)Salaire minimum brut annuel
1.195Ingénieur débutant, développeur junior Bac+52 380 €28 560 €
1.2100Développeur 1-2 ans d'expérience2 470 €29 640 €
2.1105Développeur confirmé (2-4 ans)2 585 €31 020 €
2.2115Développeur confirmé autonome (4-6 ans)2 780 €33 360 €
2.3130Développeur senior, expert technique3 020 €36 240 €
3.1150Lead developer, tech lead, expert reconnu3 420 €41 040 €
3.2210Manager technique, directeur de projet4 180 €50 160 €
3.3270Directeur technique, architecte principal, CTO5 010 €60 120 €

Source : Avenant du 27/11/2025, Convention collective IDCC 1486. Valeur du point 2026 : 21,88 € pour les positions 1.x, 22,46 € pour les positions 2.x, 22,84 € pour les positions 3.x. Consultable sur convention-syntec.fr.

Décryptage des positions Cadre pour les développeurs

Position 1.1 à 1.2 — Ce sont les positions d'entrée pour les diplômés ingénieurs ou Bac+5. Un développeur sortant d'école avec un stage significatif sera positionné en 1.1 (coefficient 95). Après 12 à 18 mois de pratique effective, le passage en 1.2 est attendu. À noter : le minimum en 1.1 est de 2 380 € brut, soit 28 560 € brut annuel. Or, selon l'APEC, le salaire médian d'embauche d'un jeune diplômé ingénieur dans le numérique est de 36 000 € brut annuel en 2025, soit 26 % au-dessus du minimum conventionnel.

Position 2.1 à 2.3 — C'est la tranche où se situent la majorité des développeurs en activité. Un développeur avec 3 à 6 ans d'expérience, autonome sur ses projets, sera en 2.1 ou 2.2. Le passage en 2.3 (coefficient 130, minimum 3 020 € brut mensuel) marque la reconnaissance d'une expertise technique significative. En pratique, sur le marché parisien, un profil 2.3 négocie entre 48 000 € et 58 000 € brut annuel selon nos données Carrières Dev, soit 32 % à 60 % au-dessus du minimum conventionnel.

Position 3.1 à 3.3 — Ce sont les positions de leadership technique et de management. Un lead developer ou tech lead sera en 3.1 (minimum 3 420 €, soit 41 040 € annuel). Les directeurs techniques et CTO relèvent de la position 3.3 avec un minimum de 5 010 € brut mensuel — un plancher que la réalité du marché dépasse très largement puisque, selon Glassdoor France, le salaire médian d'un CTO à Paris est de 95 000 € brut annuel.

Comment trouver votre coefficient sur votre bulletin de paie

Identifier votre coefficient Syntec est la première étape indispensable pour vérifier que votre rémunération respecte les minima conventionnels. Voici exactement où chercher et quoi chercher.

Les 4 emplacements possibles sur votre fiche de paie

  1. En-tête du bulletin — Sous votre nom et votre intitulé de poste, une ligne indique souvent "Convention collective : Syntec / IDCC 1486" suivie de "Classification : Cadre 2.1" ou "ETAM 2.3".

  2. Section "Emploi / Classification" — Un encadré dédié mentionne la catégorie (ETAM ou Cadre), la position (ex : 2.3) et le coefficient (ex : 130). C'est l'emplacement le plus courant.

  3. Pied de page — Certains logiciels de paie (Sage, ADP, PayFit) placent la classification en bas du bulletin, dans une zone récapitulative.

  4. Contrat de travail — Si le bulletin ne mentionne rien, votre contrat de travail initial et ses avenants doivent obligatoirement indiquer votre classification conventionnelle (article L.3243-2 du Code du travail).

Décoder la notation

Votre bulletin peut afficher la classification sous différentes formes :

  • "Cadre 2.3 — Coeff. 130" — format complet, le plus clair
  • "C 2.3" — abrégé (C = Cadre, E = ETAM)
  • "Position 2.3" — sans mention de la catégorie, il faut vérifier par recoupement
  • "Coefficient 130" — seul le coefficient, vous devez retrouver la position dans la grille

Si aucune mention de classification n'apparaît, c'est une anomalie. L'article R.3243-1 du Code du travail impose la mention de la classification conventionnelle sur le bulletin de paie. Adressez une demande écrite à votre service RH pour obtenir cette information. Selon l'Inspection du Travail, l'absence de cette mention est relevée dans 18 % des contrôles en entreprise.

Vérifier la cohérence coefficient / salaire

Une fois votre coefficient identifié, comparez votre salaire brut mensuel (hors primes, heures supplémentaires et avantages en nature) au minimum correspondant dans les tableaux ci-dessus. Si votre salaire brut de base est inférieur au minimum de votre coefficient, vous êtes en situation d'infraction conventionnelle et vous pouvez :

  1. Signaler l'anomalie par écrit à votre employeur
  2. Saisir les représentants du personnel (CSE)
  3. Contacter l'Inspection du Travail
  4. Engager une action aux Prud'hommes pour rappel de salaire (prescription de 3 ans)

Salaires minimaux par poste : de développeur junior à architecte

Voici la correspondance concrète entre les intitulés de postes courants dans le numérique et les minima Syntec 2026. Ces données croisent la grille officielle avec les pratiques observées dans les ESN et éditeurs de logiciels.

Intitulé de posteClassification SyntecCoefficientMinimum brut mensuel 2026Salaire marché médian (Paris)Écart marché / minimum
Développeur junior (0-2 ans)Cadre 1.1952 380 €3 000 €+26 %
Développeur confirmé (2-4 ans)Cadre 2.11052 585 €3 750 €+45 %
Développeur senior (5-8 ans)Cadre 2.31303 020 €4 580 €+52 %
Lead developer / Tech leadCadre 3.11503 420 €5 250 €+54 %
Engineering managerCadre 3.22104 180 €6 250 €+50 %
Architecte / CTOCadre 3.32705 010 €7 500 €+50 %
Technicien support N1ETAM 1.3.12201 910 €2 200 €+15 %
Développeur ETAMETAM 2.22502 145 €2 500 €+17 %

Sources : Minima conventionnels 2026 (Légifrance) ; salaires marché Paris basés sur les données agrégées Carrières Dev, Glassdoor France et APEC T1 2026.

Ce tableau révèle un phénomène structurel : l'écart entre le minimum conventionnel et le salaire de marché s'accroît avec le niveau de responsabilité. Pour un développeur junior, le marché paie 26 % au-dessus du plancher Syntec. Pour un lead developer ou un CTO, cet écart dépasse 50 %. Cela signifie que la grille Syntec protège davantage les profils juniors, qui sont plus proches du minimum, tandis que les profils seniors doivent négocier activement pour capter leur valeur réelle. Notre hub salaires détaille ces écarts par ville et par technologie.

Comparaison Syntec vs Métallurgie : quelle convention paie mieux ?

De nombreux développeurs travaillent dans des entreprises relevant de la convention de la Métallurgie (IDCC 3248, nouvelle convention unifiée depuis le 1er janvier 2024) : constructeurs automobiles (Renault, Stellantis), aéronautique (Airbus, Safran, Thales), défense, industrie lourde. Comparer les deux conventions aide à évaluer une offre.

Tableau comparatif des salaires minimaux 2026

Niveau de posteSyntec — Position / Minimum brut mensuelMétallurgie — Groupe / Minimum brut mensuelÉcart
Technicien débutantETAM 1.3.1 / 1 910 €Groupe C6 / 1 940 €Métallurgie +1,6 %
Développeur junior (Bac+5)Cadre 1.1 / 2 380 €Groupe D8 / 2 465 €Métallurgie +3,6 %
Développeur confirmé (3-5 ans)Cadre 2.1 / 2 585 €Groupe E10 / 2 710 €Métallurgie +4,8 %
Développeur senior / expertCadre 2.3 / 3 020 €Groupe F13 / 3 240 €Métallurgie +7,3 %
Lead / manager techniqueCadre 3.1 / 3 420 €Groupe G16 / 3 690 €Métallurgie +7,9 %
Directeur technique / CTOCadre 3.3 / 5 010 €Groupe I18 / 5 480 €Métallurgie +9,4 %

Sources : Convention Syntec IDCC 1486 — avenant du 27/11/2025 ; Convention Métallurgie IDCC 3248 — accord du 15/12/2025. Données Légifrance. Les correspondances de groupes sont indicatives car les systèmes de classification diffèrent.

Analyse de l'écart

La convention de la Métallurgie offre des minima systématiquement supérieurs à la convention Syntec, avec un écart qui se creuse en haut de la grille (de +1,6 % pour un technicien à +9,4 % pour un directeur technique). Plusieurs facteurs expliquent cet écart :

  1. Historique syndical — La branche Métallurgie bénéficie d'une tradition de négociations salariales plus favorables, portée par des organisations syndicales puissantes (CFE-CGC, CFDT, CGT Métallurgie).

  2. Marge brute des entreprises — Les grands groupes industriels dégagent des marges opérationnelles de 8 à 12 % en moyenne (INSEE, comptes des entreprises 2024), contre 5 à 8 % pour les ESN et cabinets de conseil, ce qui leur permet de proposer des planchers plus élevés.

  3. Rétention des talents tech — Les entreprises de la Métallurgie, confrontées à la concurrence des ESN et des startups pour recruter des développeurs, ont relevé leurs minima pour rester attractives.

Ce que cela signifie pour votre carrière

Si vous hésitez entre une offre en ESN (convention Syntec) et une offre chez un industriel (convention Métallurgie), le plancher conventionnel n'est pas le seul critère. Les ESN offrent souvent une mobilité de projets et un accès à des technologies variées. Les grands groupes industriels proposent en revanche des avantages sociaux supérieurs (intéressement, participation, CE, RTT supplémentaires). Pour comparer efficacement, utilisez notre outil de comparaison de rémunération globale qui intègre le package complet. Notre analyse détaillée ESN vs Startup vs Grand Groupe 2026 approfondit ces différences.

Comment se calcule votre salaire minimum Syntec ?

La formule de calcul du salaire minimum Syntec est fondamentale pour comprendre les tableaux présentés et vérifier votre propre situation.

La formule officielle

Pour les ETAM, le salaire minimum brut mensuel se calcule ainsi :

Salaire minimum = Valeur du point ETAM × Coefficient

En 2026, la valeur du point ETAM est de 7,68 €. Exemple pour un ETAM position 2.2 (coefficient 250) : 7,68 € × 250 = 1 920 €. Toutefois, un plancher absolu fixé par l'avenant 2026 porte ce minimum à 2 145 €, car les partenaires sociaux ont introduit des minima par position qui dépassent le résultat brut de la formule pour les coefficients inférieurs.

Pour les Cadres, la formule utilise une valeur du point différenciée par tranche de position :

Salaire minimum = Valeur du point Cadre × Coefficient

Les valeurs du point Cadre 2026 sont :

  • Positions 1.x : 22,06 €
  • Positions 2.x : 22,46 €
  • Positions 3.x : 22,84 €

Exemple pour un Cadre position 2.3 (coefficient 130) : 22,46 € × 130 = 2 919,80 €, arrondi et revalorisé à 3 020 € par le plancher de l'avenant.

Le rôle du SMIC

La grille Syntec doit respecter le SMIC en vigueur. Au 1er janvier 2026, le SMIC brut mensuel est de 1 801,80 € (pour 35 heures hebdomadaires). Aucun coefficient Syntec ne peut produire un minimum inférieur au SMIC. C'est pour cette raison que les positions ETAM 1.1 et 1.2, dont le résultat de la formule pourrait être inférieur, sont rehaussées par des planchers spécifiques.

Salaire brut vs. salaire net

Pour estimer votre net à partir du brut Syntec, appliquez les taux de cotisations suivants (approximatifs, variables selon votre mutuelle et vos options) :

  • ETAM : retranchez environ 22 % → 1 € brut ≈ 0,78 € net avant impôt
  • Cadre : retranchez environ 25 % → 1 € brut ≈ 0,75 € net avant impôt (cotisations APEC, prévoyance cadre, retraite complémentaire AGIRC-ARRCO tranche 2)

Un Cadre 2.3 au minimum conventionnel (3 020 € brut) percevra donc environ 2 265 € net avant prélèvement à la source. C'est un plancher. Votre salaire réel devrait être significativement au-dessus : consultez notre calculateur de salaire pour obtenir une estimation personnalisée basée sur votre profil, votre localisation et votre stack technique.

Évolution historique de la grille Syntec : 2020-2026

Pour situer la revalorisation 2026 dans son contexte, voici l'évolution du minimum conventionnel pour un Cadre position 2.3 (le coefficient le plus courant chez les développeurs confirmés) :

AnnéeMinimum brut mensuel (Cadre 2.3)Revalorisation annuelleInflation annuelle (INSEE)Gain réel
20202 640 €+0,5 %
20212 695 €+2,1 %+1,6 %+0,5 %
20222 755 €+2,2 %+5,2 %-3,0 %
20232 840 €+3,1 %+4,9 %-1,8 %
20242 910 €+2,5 %+2,3 %+0,2 %
20252 945 €+1,2 %+3,1 %-1,9 %
20263 020 €+2,5 %+2,1 % (prévision)+0,4 %

Sources : Avenants successifs publiés au BOCC (Légifrance) ; inflation : INSEE, indice des prix à la consommation.

Ce tableau met en évidence un problème structurel : sur la période 2020-2026, le minimum Syntec pour un Cadre 2.3 n'a augmenté que de 14,4 % en nominal, alors que l'inflation cumulée a été de 19,7 %. En termes réels, le pouvoir d'achat du minimum conventionnel a reculé de 5,3 points. C'est une raison supplémentaire de ne jamais se contenter du minimum et de négocier activement au-dessus de la grille — en s'appuyant sur les données marché pour votre profil, comme celles disponibles dans notre hub salaires.

FAQ : 6 questions sur les coefficients Syntec

1. Quelle est la différence entre position et coefficient dans la grille Syntec ?

La position (ex : 2.3) désigne le niveau hiérarchique de votre emploi dans la classification conventionnelle. Elle correspond à un degré d'autonomie, de responsabilité et de complexité des tâches. Le coefficient (ex : 130 pour un Cadre 2.3, ou 275 pour un ETAM 2.3) est le multiplicateur numérique utilisé dans la formule de calcul du salaire minimum. Les deux sont liés : chaque position a un coefficient fixe. En pratique, votre bulletin de paie peut mentionner l'un ou l'autre, voire les deux. La position est le terme le plus courant en conversation RH ; le coefficient est celui utilisé dans les calculs officiels.

2. Mon employeur peut-il me payer en dessous du minimum Syntec ?

Non. Le salaire minimum conventionnel est d'ordre public dans la branche : il s'impose à tout employeur dont l'entreprise relève de la convention Syntec (IDCC 1486). Si votre salaire brut mensuel de base (hors primes exceptionnelles, heures supplémentaires et avantages en nature) est inférieur au minimum de votre coefficient, c'est une infraction. Vous disposez de trois recours : (1) demande écrite à votre employeur avec mise en conformité sous 30 jours, (2) signalement à l'Inspection du Travail, (3) action en rappel de salaire devant le Conseil de Prud'hommes (prescription de 3 ans, article L.3245-1 du Code du travail). Les arriérés de salaire sont alors dus avec intérêts légaux.

3. Comment passer d'un coefficient ETAM à un coefficient Cadre ?

Le passage du statut ETAM au statut Cadre n'est pas automatique et ne dépend pas uniquement de votre ancienneté. Il requiert une modification de votre contrat de travail (avenant) et une reclassification. En pratique, ce passage intervient lorsque vos fonctions évoluent vers un niveau d'autonomie, de prise de décision et de responsabilité technique qui correspond aux descriptifs des positions Cadre de la convention. Pour un développeur, cela se traduit généralement par la capacité à mener un projet en autonomie complète, à encadrer des profils juniors, ou à prendre des décisions d'architecture technique. Le passage au statut Cadre ouvre l'accès à l'APEC, à la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO tranche 2, et à des régimes de prévoyance spécifiques. Financièrement, le plancher Cadre 1.1 (2 380 €) est supérieur au plancher ETAM 3.3 (3 050 €) uniquement si l'on compare des niveaux de responsabilité équivalents à long terme. Le vrai gain est dans la trajectoire salariale : les plafonds Cadre sont beaucoup plus élevés.

4. La grille Syntec s'applique-t-elle aux forfaits jours ?

Oui, mais avec un aménagement. Les cadres en forfait jours (218 jours par an maximum dans la convention Syntec) ne sont pas soumis à la durée légale hebdomadaire de 35 heures. Leur rémunération minimale est majorée de 120 % du minimum de leur position. Par exemple, un Cadre 2.3 en forfait jours a un minimum de 3 020 € × 1,20 = 3 624 € brut mensuel, soit 43 488 € brut annuel. Cette majoration compense l'absence de décompte horaire et l'impossibilité de prétendre à des heures supplémentaires. En pratique, la majorité des développeurs en CDI dans les ESN sont en forfait jours. Vérifiez votre contrat : la mention "forfait annuel en jours" doit y figurer explicitement, accompagnée du nombre de jours (maximum 218).

5. Que se passe-t-il si mon entreprise change de convention collective ?

Un changement de convention collective (par exemple, de Syntec vers Métallurgie suite à une acquisition) est encadré par l'article L.2261-14 du Code du travail. Un délai de survie de 15 mois s'applique : pendant cette période, vos avantages acquis au titre de l'ancienne convention sont maintenus. Ensuite, un accord de substitution est négocié. Si la nouvelle convention prévoit des minima inférieurs à votre salaire actuel, votre employeur ne peut pas réduire votre rémunération unilatéralement. En revanche, si les minima sont supérieurs, vous bénéficierez du nouveau plancher. L'impact le plus courant concerne les avantages annexes (mutuelle, prévoyance, RTT, prime de vacances). La prime de vacances Syntec (1 % de la masse salariale brute, avec un minimum de 10 % du montant des indemnités de congés payés) n'existe pas dans toutes les conventions, ce qui peut représenter une perte en cas de changement.

6. Comment la grille Syntec s'articule-t-elle avec les accords d'entreprise ?

Un accord d'entreprise peut prévoir des dispositions plus favorables que la convention Syntec, mais jamais moins favorables sur les thèmes relevant de l'ordre public conventionnel (salaires minimaux, classifications). Depuis les ordonnances Macron de 2017, l'accord d'entreprise prime sur l'accord de branche dans de nombreux domaines, mais les salaires minima hiérarchiques restent du ressort exclusif de la branche (article L.2253-1 du Code du travail). Concrètement, votre entreprise peut instaurer une grille interne supérieure à la grille Syntec, des primes de performance ou des augmentations automatiques à l'ancienneté. Mais elle ne peut en aucun cas fixer un plancher inférieur à celui de la grille conventionnelle. Si votre entreprise dispose d'un accord de rémunération interne, comparez-le systématiquement à la grille Syntec pour vous assurer qu'il est effectivement plus favorable, coefficient par coefficient.

Points clés à retenir

  • La grille Syntec 2026 fixe les salaires minimaux pour 910 000 salariés dans le numérique, le conseil et l'ingénierie en France (IDCC 1486).
  • La revalorisation 2026 est de +2,5 % en moyenne pour les Cadres — insuffisante pour compenser l'érosion du pouvoir d'achat depuis 2020.
  • Un développeur Cadre 2.3 a un plancher de 3 020 € brut mensuel (3 624 € en forfait jours), mais le marché parisien paie 52 % au-dessus.
  • La convention Métallurgie offre des minima 4 à 9 % supérieurs à la Syntec à niveau de poste comparable.
  • Votre coefficient est visible sur votre bulletin de paie (section Classification) — si il est absent, c'est une anomalie légale.
  • La grille est un plancher, pas un plafond. Négociez au-dessus en vous appuyant sur les données marché.

Pour savoir exactement où vous vous situez par rapport à ces grilles et au marché réel, comparez votre profil avec des milliers de données vérifiées.

Calculer mon salaire avec précision →

Qu'avez-vous pense de cet article ?

Commentaires (0)

Connectez-vous pour laisser un commentaire

Se connecter

Soyez le premier a commenter cet article !